Tutoriel : réaliser une bande dessinée

Partie 2 - Le cadrage dans la bande dessinée

Vous avez lu la première partie du tutoriel et vous pensez tout savoir? Eh bien, non, ce n'est pas encore fini!

Maintenant que vous connaissez un peu le vocabulaire de base de la bande dessinée, nous allons voir comment mettre en valeur un personnage ou un lieu en fonction de l'importance qu'on lui accorde.

En BD, l'objectif est, d'une part d'accrocher le lecteur, et d'autre part de traduire une ambiance, un ton ou un avis. Ainsi, la création d'une image ne se fait pas à la légère afin de faire naître en nous des sentiments ou tout simplement nous rappeler des souvenirs. Pour cela, une multitude d'outils est mise à disposition du dessinateur.

Le cadrage est l'un des points forts de la BD vis-à-vis du cinéma ou de la photo. En effet, contrairement aux deux autres, la bande dessinée n'est pas astreinte à un cadre fixe, pouvant passer par des cadres de toutes formes (carrés, ronds, rectangulaires, etc.) et de toutes tailles, voire même ne pas en avoir.

L'association des cadres alliée à des plans et des angles de vue différents permet d'exprimer beaucoup plus fortement les émotions et les sentiments en supposant que l'emploi des cadres corresponde à ce que l'auteur veut exprimer.

Les plans

infoDans les bandes dessinées ou dans les films cinématographiques, les plans, qui sont les différentes façons de présenter les personnages de l'histoire, permettent au lecteur d'éviter la monotonie et l'ennui, mais également d'être au cour de l'action.

  • Le plan d'ensemble est un plan essentiellement descriptif, présentant le décor (un paysage une ville, etc.), une foule de personnages, dans leur plus large ensemble. Traditionnellement, il convient bien pour ouvrir le récit et même pour le conclure.

  • Le plan général sert à attirer l'attention sur les personnages ayant un rôle immédiat à jouer dans l'action, dans un lieu précis et limité. Dès lors, le lecteur commence à entrer dans le vif du sujet.
    Plan général
  • Le plan moyen isole un groupe plus ou moins important de personnages qui sera cadré de la tête aux pieds. Il est utilisé quand l'intrigue se noue davantage et qu'il faut s'approcher des principaux protagonistes de l'histoire.
    Plan moyen
  • Le plan américain cadre les personnages à mi-cuisse ou aux genoux. Souvent utilisé dans les films américains des années 1930 et 1940, ce plan permet au spectateur d'approcher encore plus des personnages.
    Plan américain
  • Le plan rapproché cadre les personnages concernés par l'action à hauteur de la taille, de la poitrine ou des épaules jusqu'à la tête. Ainsi, le lecteur se trouvera placé au milieu des personnages, au cour même de l'action.
    Plan rapproché
  • Le gros plan se centre sur le visage d'un personnage ou sur un objet, permettant d'attirer l'attention sur une attitude, un geste, ou encore sur un détail significatif du décor.
    Gros plan
  • Le très gros plan montre un détail ou une partie du visage d'un personnage ou d'un objet. il est souvent intéressant lorsqu'un personnage manifeste ses sentiments ou ses émotions avec une intensité particulière (joie, peur, surprise, etc.).
    Très gros plan

Les angles de vue

infoL'angle de vue détermine la position de l'observateur par rapport au sujet de l'image. Il est très utile de varier les angles de vues afin de rendre votre bande dessinée vivante.

  • L'angle normal correspond à une vision classique de la scène car notre oil est placé perpendiculairement à la vignette et on se trouve donc au niveau du sujet. C'est l'angle de vue qui est utilisé dans la majorité des images de bd.
  • En plongée, la caméra se trouve au-dessus dans une position plus élevée que le sujet et dirigée vers lui. La visée en plongée a pour conséquence de suggérer un sentiment d'infériorité, de faiblesse ou de danger ressenti par le personnage.
  • Avec la vue en contre-plongée, notre oil se trouve plus bas que le sujet, suggérant la supériorité, la puissance, la force, la majesté du personnage ou du lieu.
  • La vue émotionnelle est une vision montrant le personnage ou le décor déformé afin de suggérer un état physique, sentimental ou psychologique particulier (ex : état de manque, de rêve, d'interprétation de la réalité, etc.)
  • À travers la visée subjective, le sujet est vu par un des personnages de l'action. Le lecteur devient acteur et n'est donc plus un simple spectateur.
  • La vue oblique place le point de fuite hors de la case, sur le côté. La caméra est placée en oblique par rapport au sujet selon un angle qui peut aller de quelques degrés à un 180 voire un 360°, afin d'exprimer soit une chute, une fuite, ou une position inconfortable.
  • Via la visée focalisée, le sujet est représenté en déformation photographique, soit en ouverture d'angle (perspectives et les proportions faussées, surtout sur les côtés et en avant-plans de l'image), soit en fermeture d'angle (suppression des perspectives).